Régiments d'infanterie nos 261 à 275

 

Privas, Aix-en-Provence (64e DI)

Lettres de guerre, Pierre Maurice Masson
Hachette, 1917
L'auteur fut affecté dans ce régiment à compter du 1er janvier 1916 jusqu'à sa mort le 16 avril suivant. Une partie seulement de sa correspondance concerne cette période. Cru estime qu'il s'agit d'une "belle oeuvre littéraire et un document historique précieux." (Témoins, p.535-538)

Nous, soldats ! Jean Tournassus
Emmanuel Vitte, 1918
Versé dans cette unité début juin 1916, l'auteur fut grièvement blessé à Verdun quelques semaines après, le 28 juin. Il a laissé cette oeuvre qui est, selon Cru, "de la poésie lyrique à propos de la guerre", mais où "il n'y a rien à glaner". (Témoins, p.403-404)

 

Ancenis (61e DI)

Journal d'un instituteur, Georges Leroy
Journaux de combattants & civils de la France du Nord... - PU du Septentrion, 1998
En poste à Lewarde (arrondissement de Douai), l'auteur, né en 1884, se réfugia dès août 1914 à Poitiers pour échapper à l'avance allemande. Instituteur dans cette ville, il y fut mobilisé et y fit ses classes à partir du 15 août 1917. Le 2 janvier 1918, il fut envoyé à l'arrière du front lorrain pour poursuivre sa formation - c'est de là que débute véritablement son journal. Le 5 juillet 1918 il fut affecté à la 18e compagnie de ce régiment, et rejoignit le front des Vosges le 18 juillet suivant.

Après une permission, il gagna le 20 septembre le secteur de la ferme de Navarin, où il fut fait prisonnier le 28. Libéré à l'armistice, Georges Leroy fut démobilisé en mai 1919. (p.109-158)

 

Le Blanc, Issoudun (17e DI, 9e CA)

Le sang de France, Maurice Laurentin (illustré par l'auteur)
Bloud, 1919
L'auteur fut affecté à cette unité à compter de mars 1915. Son livre s'achève en juillet 1917. Ce sont des "récits lestement contés, [...] l'esprit du front s'y affirme et imprègne toutes les pages." (Témoins, p.346-348)

 

Toul, Nancy (70e DI, 33e CA)

Ceux de la réserve, Pierre Loevenbruck
Tallandier, 1931
L'auteur fut mobilisé en août 1914 au 269e RI avec le grade de sergent. Son récit relate sa campagne au quotidien depuis la fin juillet jusqu'en octobre 1914, date à laquelle il fut capturé. (BNF 8-LH4-4222. Référence signalée par M. Jean-François Tinel).

Les poissons morts, Pierre Mac Orlan
Payot, 1917 (Réédition in Oeuvres complètes tome 15. Cercle du bibliophile, 1970)
Lorsque la guerre éclata, Pierre Dumarchais s'était déjà forgé une réputation dans le monde littéraire sous son pseudonyme de Mac Orlan. Mobilisé en août 1914, il quitta cette unité à une date inconnue. Cru reproche à l'écrivain son style volontairement bouffon et son goût du grotesque, tout en concédant que son livre renferme des notations justes et des réflexions sérieuses. (Témoins, p.358-359).

 

Amiens (3e DI, 2e CA)

Souvenirs de guerre, Marc Bloch
Cahiers des Annales, 1969 (Réédition : Armand Colin, 1997)
L'auteur fut mobilisé le 4 août 1914 comme sergent à la 4e section de la 18e compagnie. Il part pour le front le 10, et participe à son premier engagement le 10 septembre, dans la Marne. Il occupe ensuite le secteur de La Neuville-au-Pont, et combat dans le Bois de la Gruerie. Alors qu'il est en position à Vienne-le-Château, il est évacué, atteint de la fièvre typhoïde. Il rejoint début juin 1915, mais au 72e RI. Son récit ne va pas plus loin.
Le récit de Marc Bloch offre un double intérêt. Tout d'abord d'avoir été rédigé pratiquement sur le vif, alors que l'auteur était en convalescence. Ensuite, d'être l'oeuvre d'un jeune intellectuel qui, après la guerre, deviendra un historien de réputation internationale. Il apporte donc un soin scrupuleux à se remémorer avec la plus grande fidélité son état d'esprit, ses pensées et ses sentiments, ses dispositions morales au moment des évènements. Un dernier aspect est l'importance que Marc Bloch attacha, tout le temps qu'il fut soldat, à l'absence d'information, et les rumeurs qui en sont la conséquence.

Il en a tiré un essai novateur, Réflexions d'un historien sur les fausses nouvelles de la guerre (éd. Allia, 1999), qui a fait date dans l'histoire des mentalités.

Untel de l'armée française, Gabriel-Tristan Franconi
Payot, 1918 (Réédition : Malfère, 1928)
D'abord artilleur, l'auteur passa fin 1915 dans l'infanterie. Blessé le 26 mars 1916, il était de retour sur le front à l'été 1917. Il fut tué le 23 juillet 1918. Ce roman autobiographique, très littéraire, est presque un poème en prose. Si la littérature y gagne, c'est au détriment du témoignage. Trop superficiel, "ce livre est, selon Cru, une erreur." (Témoins, p.604-606)

 

Béthune (51e DI)

Journal de guerre d'un poilu civraisien, Paul Clerfeuille
Les Amis du Pays Civraisien, 1994
Rapatrié du front d'Orient pour maladie, l'auteur est affecté dans cette unité le 7 novembre 1916. Il y restera jusqu'à la mi-1918, date à laquelle ce régiment sera dissous : il sera alors versé au 73e RI, jusqu'à la démobilisation. Les cahiers de Paul Clerfeuille sont d'un grand intérêt, en raison notamment de leur précision et de leur absence totale d'affectation. C'est un témoignage lucide, stoïque et pitoyable. Une large part est accordée aux combats de 1918. L'éditeur a malheureusement cru bon de remanier le texte afin de le présenter par thèmes, ce qui est pour le moins une initiative malheureuse.

 

 

Rouen (5e DI)

Deux musiciens dans la Grande Guerre, Maurice Maréchal
Tallandier, 2005
Né le 3 octobre 1892 à Dijon, Maurice Maréchal est premier prix de violoncelle du conservatoire de Paris et a entamé une carrière de soliste lorsqu'il part faire son service en 1913 à la musique du 74e RI de Rouen. A la mobilisation, il est versé au 274e RI dans lequel il occupe des fonctions d'agent de liaison et de brancardier. Il assiste avec ce régiment à la bataille des frontières puis aux combats dans l'Artois en 1915. En février 1916, il est détaché auprès du Quartier-Général de le 5e division.

 

Maurice Maréchal a laissé des carnets qui vont du 3 mai 1914 au 5 novembre 1918. Ces carnets tiennent autant du journal intime que du carnet de route. Jeune homme sensible et cultivé, quelque peu immature, Maréchal ne raconte pas seulement ce qu'il voit et ce qu'il vit, mais aussi ce qu'il éprouve, sans fausse pudeur, avec franchise et candeur. Son témoignage offre également un éclairage inédit sur la "vie mondaine" des quartiers-généraux et des officiers supérieurs pendant les périodes de repos.


Afin de ne jamais oublier, Gaston Olivier

Anovi, 2008
Gaston Olivier est né le 26 mai 1884 à Wambrechies (Nord) dans une famille de journaliers. A la déclaration de guerre, il est marié et père de 3 enfants. Il occupe un poste de directeur-adjoint dans une société de l'industrie chimique à Petit-Quevilly. Il est appelé en août 1914 au 274e RI, 21e Cie, avec lequel il participe à la guerre de mouvement puis à celle de position dans le secteur de Reims.

 

En décembre 1914, il est nommé bombardier sur une pièce de tranchée de 150. Le 14 janvier 1915 il est tué accidentellement par l'explosion prématurée d'un obus de sa pièce.
La volumineuse correspondance (1 lettre par jour) du soldat Olivier vaut plus par son aspect psychologique que par son contenu, plutôt pauvre. A l'opposé du soldat indigné, il est la figure même du soldat consentant, voire accommodant. Prenant tout du bon côté, optimiste, d'une confiance candide dans les autorités, ne remettant jamais en cause l'information officielle, il est le poilu tel que le décrivent les écrits de propagande : malgré toutes les épreuves, il ne s'en fait pas. Ou du moins, ne veut rien en laisser paraître.
Outre ses lettres, Gaston Olivier a laissé un carnet de route lapidaire de sa campagne d'août-septembre 1914.

Romans (64e DI)

Nous, soldats ! Jean Tournassus
Emmanuel Vitte, 1918
Versé dans cette unité début juin 1916, l'auteur fut grièvement blessé à Verdun quelques semaines après, le 28 juin. Il a laissé cette oeuvre qui est, selon Cru, "de la poésie lyrique à propos de la guerre", mais où "il n'y a rien à glaner". (Témoins, 403-404)


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Mise à jour :
décembre 2010