Artillerie spéciale (chars)

 

Totoche prisonnier de guerre, Charles-Maurice Chenu
Plon, 1918
Le récit de l'auteur couvre les années 1917-1918. A l'exemple des Mémoires d'un rat de Pierre Chaine, Chenu a composé, en se basant sur son expérience personnelle, une fable vivante, spirituelle, qui n'exclut pas la gravité. Elle met en scène un chien "boche", devenu la mascotte des soldats français. (Témoins, p.426-427)

 

Mémoires d'un engagé volontaire, Gustave Binet-Valmer
Flammarion, 1918
Citoyen suisse âgé de 39 ans à la déclaration de guerre, l'auteur se fait naturaliser français et s'engage. Après avoir occupé plusieurs postes, et passé une longue période dans les autos-mitrailleuses, il rejoint une unité de chars à la mi-1917, l'AS14 selon Louis Vergne qui le rencontre alors et le cite dans ses mémoires. A la bataille de La Malmaison, il est lieutenant et commande la 1ère section de l'AS12. Blessé, il est évacué. Le livre de Binet-Valmer, qui était écrivain de profession, est un recueil des articles qu'il publia tout au long de la guerre dans Le Journal. C'est sa faiblesse, même si "ses récits sont infiniment plus vrais que ceux que l'on écrivait à Paris", concède Cru. "Dans l'abondance de ses pages pittoresques et anecdotiques, il a semé quelques notes qui sonnent juste." (Témoins, p.274-276)

Histoires vraies, Louis Vergne
Anovi, 2002
Né le 20 juin 1890 à Crocq (Creuse), issu d'une modeste famille d'agriculteurs, il fait de brillantes études et est élève dans une école supérieure de commerce à Nancy lorsqu'il est appelé en 1911 pour effectuer son service militaire. Sous-lieutenant d'infanterie, il est blessé sérieusement à Verdun le 10 avril 1916. Sa blessure ne lui permettant pas de reprendre un service actif, il se porte volontaire pour les chars. Affecté au 15e groupe, il devient un excellent spécialiste de cette arme nouvelle, contribuant notamment à la mise au point du char Renault FT17.

 

À la tête de la 301e compagnie du 1er bataillon de chars légers (501e RAS), il combat dans l'Aisne à l'été 1918, puis en Belgique à l'automne. En juin 1919, il est envoyé dans les Balkans où il demeure jusqu'en mai 1920.
C'est sous forme de nouvelles autobiographiques que Louis Vergne a choisi de rédiger ses mémoires. C'est un témoignage souvent pittoresque et toujours passionnant, rédigé avec franchise et une grande simplicité de ton. (D'après Eric Labayle)

 

Avec les chars d'assaut, Marcel Fourier
Hachette, 1919
Ce livre va d'octobre 1916 à octobre de l'année suivante, l'auteur arrivant sur le front le 1er avril 1917. Cru se montre particulièrement sévère à l'égard de ce jeune homme "qui s'exprime avec une patriotique jactance mêlée de réminiscences livresques qu'il croit habiles. Pauvre style, de pensée originale point." Cela n'en reste pas moins un témoignage intéressant sur les chars d'assaut et leurs débuts sur le champ de bataille. (Témoins, p.308-310)

Voir Louis Vergne, AS15.
Le 501e Régiment d'Artillerie Spéciale (plus tard renommé RCC : Régiment de Chars de Combat) fut la première unité formée selon la nouvelle organisation des troupes blindées début 1918. Il était composé des 1er, 2e et 3e bataillons de chars légers (BCC), créés en février et mars 1918, et équipés de chars Renault FT .
Chaque bataillon comprenait trois compagnies numérotées à partir de 301.

Ma guerre, André Carré
La Grande Guerre Magazine n°49, 2006
André Carré est né le 24 janvier 1894 à Saint-Hilaire-Saint-Florent (Maine et Loire). Il ne précise pas sa profession : il semble travailler comme ouvrier dans une entreprise agroalimentaire lorsque la guerre éclate. Appelé comme fantassin, il est sévèrement blessé en mai 1915. Rétabli, il est affecté à diverses unités, avant de repartir pour le front comme conducteur dans la SS125 (rattachée à la 87e DI) le 7 mai 1917. Il y reste jusqu'au 12 février 1918, où il est transféré dans les blindés.

Après une période d'instruction à l'AS300, il intègre le 6e bataillon début juillet 1918 où il commande un char signal (char équipé d'un poste TSF, dont le nombre n'excédait guère la dizaine à la fin de la guerre). Il participe à l'offensive sur Laon avant que ses blessures ne se réveillent et l'éloignent du front jusqu'à l'armistice.
André Carré a rédigé ses souvenirs sur le tard, sans doute dans les années 60. "Aidé de quelques notes écrites au front, et faisant appel à mes souvenirs les plus vivants, je vais essayer de donner [...] une idée de ma campagne 14-18. Sans aucune prétention littéraire bien sûr..." Tel est le programme qu'il s'est  lui-même fixé.


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Mise à jour :
janvier 2011