LES CHAMPS DE BATAILLE
DU CHEMIN DES DAMES

27 et 28 mai 2017

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.

LES CHAMPS DE BATAILLE DE LA SOMME
1er et 2 octobre 2016

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies de Guy Vieville.

LES CHAMPS DE BATAILLE DE VERDUN
4-5 juin 2016

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies de Noël Marandeau.

LES CHAMPS DE BATAILLE D'ARTOIS
3-4 octobre
2015

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies de Chantal Boucq, Robert Hibon et Alain Puech.

BOIS-LE-PRETRE  -  LES EPARGES
6-7
juin 2015

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies des participants.

HARTMANNSWILLERKOPF
31 mai - 1er juin 2014

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies de Eric Duroi et autres participants.

WEPPES et ALLOEU
5 et 6 octobre 2013

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault.
Photographies de Jean-Paul Hayart, Olivier Le Tinnier, Alain Puech et autres participants.

OISE - AISNE
1er et 2 juin 2013

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault d'après les comptes-rendus de Daniel Rochepault et Didier Renier. Photographies de Olivier Le Tinnier & Daniel Rochepault

SOMME
6 et 7 octobre 2012

Diaporama réalisé par Daniel Rochepault d'après les comptes-rendus de Daniel Rochepault et Didier Renier. Photographies de Olivier Le Tinnier & Alain Puech

ARGONNE
12 et 13 mai 2012

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault d'après le compte-rendu de Jean-Paul Hayart. Photographies de Olivier Le Tinnier & Alain Puech

SAINT-MIHIEL
1er et 2 octobre 2011

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault d'après le compte-rendu de Didier Renier. Photographies de Olivier Le Tinnier & Alain Puech

CHAMPAGNE
14 et 15 mai 2011

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault, avec la collaboration de
Jean-Paul Hayart (textes), Olivier Le Tinnier & Guy Pillard (photos)

BELGIQUE
29 et 30 mai 2010

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault, avec la collaboration de
Ludovic Loubier (photos)

LOOS-en-GOHELLE (Pas-de-Calais)
17 et 18 octobre 2009

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault, avec la collaboration de
Jean-Paul Hayart (textes), Olivier Le Tinnier (photos) et Michel Boucq

LA CHAPELOTTE (Vosges)
6 et 7 juin 2009

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault, avec la collaboration de Jean-Paul Hayart, Olivier Le Tinnier et Francis Martin

VERDUN
Le secteur allemand et les villages de l'arrière-front
8 et 9 novembre 2008

Compte rendu réalisé par Daniel Rochepault, avec la collaboration d'Alain Puech et Jean-Paul Hayart

Le saillant de Saint-Mihiel
et le secteur américain en Argonne

31 mai et 1er juin 2008

Compte rendu photographique réalisé par Daniel Rochepault
Article de Roger Demeyere dans L'Est Républicain

Les champs de bataille des Eparges et de la Woëvre
sur les pas des écrivains combattants
Alain-Fournier, Louis Pergaud, Jacques Péricard et Maurice Genevoix
17 et 18 novembre 2007
Le compte rendu de cette sortie, rédigé par Jean-Paul Hayart, a été publié dans La Grande Guerre Magazine n°54

Les champs de bataille de la Somme, secteur anglais
23 et 24 juin 2007
Le compte rendu de cette sortie, rédigé par Jean-Paul Hayart, a été publié dans La Grande Guerre Magazine n°53

Les champs de bataille de l'Oise et de l'Aisne
13 et 14 mai 2006
Le compte rendu de cette sortie a été publié dans La Grande Guerre Magazine n°50.

 

11 et 12 juin 2005
 
Ypres et les Flandres
visite du champ de bataille
compte-rendu par Jean-Paul Hayart
photographies de
Jean-Marc Moltchanoff, Serge Tavel et Erick Villand

Nous étions une trentaine sur le parking de l’hôtel, ce samedi matin, impatients de se mettre en route pour la Belgique. Dans ce groupe, beaucoup d’habitués, un couple d’anciens, venus de leur lointaine Picardie, revus avec plaisir (les pauvres, travail oblige, n’avaient pas pu venir depuis Cambrai) et deux nouveaux arrivés, ma foi bien sympathiques.

Malheureusement manquaient quelques bons compères retenus, qui pour des raisons professionnelles, qui pour des raisons d’ordre privé. Mais nous avons pensé à eux (si, si) !

Donc, en route direction Loker (Locre) au pied du mont Kemmel où nous faisons connaissance avec notre guide, Ghislain Kepanowski, français exilé (par amour?) en Belgique et qui s’occupe de fouilles archéologiques ; charmant garçon, très accessible et compétent.

A Loker, visite d’un petit cimetière britannique où sont enterrés, à part des autres, quatre soldats (dont un de 17 ans) qui furent fusillés après un procès plus que douteux.

Pas loin de là, arrêt devant l’ossuaire du mont Kemmel (5294 corps dont 57 identifiés). Derrière nous, le monument français des combats de 1918.

Demi-tour pour aller visiter une série de sapes anglaises situées au Lettenberg. Ces quatre sapes récemment réhabilitées, conduisent à un tunnel qui devrait être dégagé dans l’avenir. Espérons…

L’heure du repas était arrivée.

Dans le groupe des signes d’inquiétude apparaissaient « Y en aura-t-il ? Y en aura-t-il pas ? »

Mais si, il y en avait des frites, ouf ! La tradition était sauve. Heureusement, il n’y avait pas d’enfant, donc pas de biberon…

Les estomacs étant calés, nous sommes allés visiter le musée « In Flanders Fields », musée d'un type nouveau avec ses bornes inter-actives, etc… situé dans cette très belle petite ville d'Ypres, rasée en 14/18 et reconstruite entièrement à l'identique.

Après un passage à la boutique (malheureusement, il n’y a aucun ouvrage en français), direction la Porte de Menin ; ouvrage colossal où sont gravés les noms des disparus britanniques en Belgique entre août 1914 et le 17 août 1917. (54896 noms de soldats dont on n'a jamais retrouvé le corps !) Aujourd’hui encore, tous les soirs, on sonne au clairon le Last Post (extinction des feux) en hommage posthume aux soldats tués.

Avant d’aller à Zillebeke voir le Hooge crater, visite de St George’s memorial church (chapelle commémorative dans le centre de Ypres).

Situé en face du Hooge crater, un étonnant petit musée privé. Etonnant aussi bien par le nombre de pièces exposées que par le nombre de bunkers se situant tout autour.

Retour en France.

Dimanche matin, un peu après 9 heures, départ pour la nécropole française de St Charles de Potyze ; nécropole où sont érigés le monument breton (piéta) et celui de la 17eme D.I.

Dans ce cimetière, notre ami Philippe avait sélectionné une tombe et retrouvé le parcours et photos de ce malheureux, père de plusieurs enfants, et qui devait être démobilisé comme soutien de famille.

 

 

De là, nous avons pris la route pour Zonnebeke, passant à proximité de la colline de Pilkem, lieu de terribles combats. Arrêt au musée de Passendaele, ouvert ce dimanche exceptionnellement pour nous. Accueil super, beau musée, situé dans un très joli cadre et qui possède dans son sous-sol la réplique entièrement reconstituée d’une sape découverte récemment.

Avant d’aller reprendre des forces au restaurant, arrêt à Polygone-Wood, cimetière, bois et monument de la 5éme D.I australienne.

A savoir que ce lieu était avant la guerre, un polygone de tir de l’armée belge.

Repas : mais oui, des frites mais coupées différemment.

Dans le restaurant d’intéressantes photos du monument de la 5eme D.I dans différentes phases de construction.

Bon, après avoir bien mangé, on pouvait repartir pour un circuit mis en place par Rolande et Philippe Joachim.

Cimetière britannique d’Essex farm où fut inhumé V.J. Strudwick décédé le 14 janvier 1916 à 15 ans (il s’était engagé en trichant sur son âge). Après être passé devant le monument de la 49e D.I, nous sommes arrivés au site John Mac Crae : série de bunkers-hôpitaux où il officiait.

C’est dans ce lieu que, suite au décès de son ami de la guerre des Boers, Alexis Helmer, tué le 2 mai 1915, il écrivit, le 3 mai 1915, le fameux poème « In flanders fields the poppies blow » (ainsi il fut à l’origine du fameux coquelicot qui symbolise le souvenir des anciens combattants britanniques).

Le lieutenant colonel Mac Crae est mort de pneumonie à Boulogne (62). Il est enterré à Wimereux (Pas de Calais).

C’est là que nous avons tenu un petit « colloque » animé par notre trésorier Bernard Devez et ensuite décidé du lieu de notre prochaine sortie en octobre.

C’est là, aussi, que quatre membres (dont moi-même) ont connu l’opprobre et essuyé les « hou-hou » parce que n'ayant pas d’adresse e-mail. J’en tremble encore !

C’est là, enfin, que nous avons eu la peur de notre vie en voyant notre vice-président dérouler un feuillet d’un mètre de long pour nous lire un « petit » discours. Mais ce n’était heureusement qu’une blague de notre indispensable (il aime bien) Guy Pillard.

Ensuite Boezingue, lieu de la 1ère attaque aux gaz le 22 avril 1915 et calvaire breton dédié à la 87e D.I qui « inaugurait » ce genre de combat.

Il est à savoir que du côté allemand les 35e et 37e Régiments de pionniers, qui envoyèrent donc ce gaz pour la première fois, en restèrent les spécialistes jusque la fin de la guerre.

Langemark et sa nécropole allemande : lieu de sépultures assez lugubre à mon goût, avec ses quatre statues noires dans l’axe de l’entrée, ses ossuaires disséminés ici et là et ses bunkers qui firent partie de la ligne Hindenburg.

La journée avançait, nous nous sommes arrêtés à St Juliaan devant le mémorial canadien, là où ils subirent, eux aussi, les affres de leur première attaque par les gaz, laissant 2000 victimes dans les environs.

 

Passage devant le moulin de la mort « Totenmühle » en direction de notre dernière étape Passendaele et le plus grand cimetière britannique : Tyne-cot, 120000 soldats y sont inhumés et le mur au fond du cimetière mentionne les noms des quelques 34000 soldats et officiers britanniques et 1200 Néo-zélandais disparus du 17 août 1917 à la fin de la guerre. (avec les 54896 inscrits sur les murs de la porte de Menin, cela fera plus de 90000 soldats dont les corps ont disparu… sur le front de Ypres !).

 

Voilà, notre premier rendez-vous de l’année se terminait là.

Après les « au revoir », les embrassades, les « à bientôt » et les « t’as mon numéro de téléphone » tout le monde prenait le chemin du retour.

A bientôt dans l’Oise…

 

Certains problèmes étant survenus dans l’organisation de cette sortie, et pour ne pas avoir à l’annuler, l’ensemble fut repris au pied levé et élaboré de A jusque Z par nos amis Bernard Devez, Jean-Claude Poncet, Rolande et Philippe Joachim. Chapeau à eux. Ils ont fait un truc formidable. C’est cela l’esprit associatif.

Merci aussi à Guy pour son inaltérable bonne humeur.

Visite des forts de la place-forte de Verdun
9 et 10 octobre 2004
en compagnie de M. Jean-Luc KALUZKO

L'association organisait un week-end de visite les 9 et 10 octobre 2004. Le secteur retenu était celui de Verdun où, avec M. Jean-Luc Kaluzko, spécialiste des fortifications, nous avons visité les vestiges du front, en particulier ceux de l'arrière des lignes allemandes.

Le Chemin des Dames
26 et 27 juin 2004
reportage photographique par
André ESTUBLIER

 

 

Sur les bords de l'entonnoir de la cote 108, à Berry au Bac

Pendant la visite du fort de Condé

 

Creute de la ferme Froidmont  près de Braye en Laonnais. Outils, armes et ustensiles divers parsemés sur le parcours des galeries.

 Un instant de recueillement avant la sortie de la creute.

 

 

Visite des sites de Cambrai et de sa région
24 et 25 novembre 2001
par Marc JOLIS

Les 24 et 25 novembre 2001, l'Association 1914-1918 organisait une visite des champs de bataille de Cambrai et de sa région.

Départ sous la houlette de Philippe Gorczynski

Ce week-end aura été particulièrement marqué par deux épiphénomènes. L'un fut atmosphérique, l'autre humain. Sans s'étendre sur le premier, il suffit juste de dire que nous avons connu un temps maussade et humide. Le temps s'était mis à l'humeur anglaise. Peut-être en hommage aux nombreux combattants britanniques reposant en cette terre de France ? Pour être honnête, la pluie cessa parfois. Malgré cela et profitant quand même de ces quelques instants de répit, nous parcourûmes le champ de bataille à la recherche de ce passé si présent. A chaque instant la boue collait à nos chaussures. La mémoire de la terre est décidément plus fiable que celle des hommes. Le second fut la rencontre avec un homme et sa passion. Une passion pour l'histoire de la Grande Guerre, en particulier dans la région de Cambrai. Mais au-delà de cette passion, s'est découvert un homme de grande qualité. Avant toute chose, que Philippe Gorczynski, car il s'agit de lui, soit ici remercié pour l'aide déterminante, à travers de ses conseils éclairés et son investissement personnel, qu'il a apporté à l'organisation et à la réussite de ce week-end.

Le programme de cette visite du champ de bataille, axé principalement autour des combats de l'offensive de la IIIème Armée Britannique du Général BING du 20 novembre 1917, permis à une cinquantaine de membres de l'association, sous la férule de Philippe Gorczynski, de sillonner les lieux même de ces combats. Les premiers participants arrivèrent le vendredi soir.
Dès cet instant nous pûmes apprécier toute la cordialité de l'accueil de notre guide du week-end dans son hôtel "Le Béatus". La convivialité des lieux permit à tous de faire connaissance et de commencer de fructueuses discussions. Les arrivés du samedi matin complétèrent cet aréopage disparate venu de tous les horizons : France, Belgique et même Irlande (pour être honnête notre ami irlandais demeure en France….) Hôtel &quo

Le musée militaire de Cambrai et les cimetières de Solesmes

La première visite, en tout bien, tout honneur, fut le samedi matin pour le 1er Régiment d'Infanterie, en garnison à Cambrai de 1871 jusqu'à 1939, avant de s'expatrier vers d'autres cieux (Il se trouve actuellement à Sarrebourg). Plus précisément pour le musée militaire de Cambrai situé à proximité du Château de Selles. Une grande partie de ce petit musée, appartenant à l'Amicale des anciens du 1er R.I, est consacrée à cette unité issue des "Bandes de Picardie" et aux combats auxquels il participa pendant les 1ère et 2ème Guerres Mondiales (Il s'agit d'ailleurs du seul régiment de l'armée française à avoir été décoré de la Médaille de la Résistance au titre des Forces Françaises de l'Intérieur, cette unité sous l'autorité du Colonel Bertrand étant passé au complet dans la clandestinité au moment de la dissolution de l'Armée d'Armistice en 1942), sans oublier Algérie. L'autre partie du musée s'intéresse à la Grande Guerre à Cambrai et sa région. Nous y vîmes, parmi les affiches, documents photos, armes et souvenirs de toutes sortes, les vestiges sensés provenir d'un char mark IV ayant tenté de franchir le pont de Masnières le 20 novembre 1917 et qui s'écroula entraînant le blindé dans le canal de Saint Quentin bloquant ainsi l'avance des autres chars et de la cavalerie britannique. Cela nous donna un avant goût de notre visite programmée pour le lendemain à une certaine demoiselle Déborah.

La seconde destination de notre périple fut pour le cimetière militaire de la route de Solesmes ou plutôt les cimetières militaires. A cet endroit se trouvent deux cimetières. Le cimetière initialement construit par les allemands en 1917 a été repris à la fin de la guerre par la Commonwealth War Graves Commission. Y reposent plus de 500 soldats, principalement britanniques, tombés lors des combats de 1917 et 1918. Il comporte encore quelques monuments érigés par les allemands lors du conflit. En 1920 les dépouilles de plus de 10.000 soldats du cimetière militaire allemand, dont quelques Russes et Roumains, se trouvant au cimetière du Saint Sépulcre furent déplacées afin de créer, sur un site jouxtant le cimetière anglais, le cimetière militaire allemand de Cambrai.

Le canal de Riqueval

Après le repas, nous prenions la route de Saint Quentin afin de nous diriger vers la limite de la Picardie et du Nord. Nous étions en compagnie de Monsieur Capelle, guide de circonstance car spécialiste des fortifications de la Ligne Hindenburg et, nous l'espérons, auteur futur d'un ouvrage consacré à ce sujet. Il nous guida vers l'un de ses vestiges : le canal souterrain de Riqueval. Avant de l'atteindre, nous avons pu contempler, un peu avant l'entrée de Bellicourt, le mémorial dédié à tous les Américains ayant combattu aux côtés des troupes britanniques. Le choix du site de ce monument, à l'aplomb du canal souterrain, n'est pas un hasard. Ce furent en effet les soldats, originaires du Tennessee, du 2ème corps d'armée américain, intégré à la IVème armée britannique du Général Rawlinson, qui conquirent ce secteur fin septembre 1918. En contre-bas de la sortie de Bellicourt nous découvrîmes ce fameux souterrain. La descente, par un chemin rendu glissant par la pluie, vers cet ouvrage Napoléonien, achevé en 1809, long de 5 670 mètres permettant au canal de Saint-Quentin de franchir le plateau du Catelet, fut des plus périlleuse. Mais la récompense fut à la hauteur. De ce silencieux canal, sous une bruine incessante, encaissé entre des bords abrupts et verdoyants, se dégageait une étrange atmosphère, une impression indéfinissable d'un lieu hors du temps.
Bon j'arrête là mes digressions émotionnelles pour revenir à un côté plus pragmatique voire technique. Ce souterrain est équipé d'un original système électrique de traction par un toueur, bateau tractant les péniches au moyen d'un treuil et d'un câble immergé au fond du canal. Monsieur Capelle nous présenta ces lieux, leur histoire et les prouesses techniques allemandes réalisées à l'occasion. L'entrée a été fortifiée en y installant des blockhaus pour mitrailleuses à l'intérieur des superstructures initiales en maçonnerie. Profitant de l'épaisseur du remblai protégeant le tunnel, des casernements y furent installés dans des péniches. D'autres structures furent creusées latéralement pour y accueillir magasins, hôpital, etc. Des galeries creusées également à partir du souterrain permettaient de rejoindre, à l'abri, les lignes allemandes en surface. Mais depuis la fin de la guerre ces galeries ont été condamnées empêchant leur visite. Dommage ! s'exclama la majorité d'entre nous, déjà en train de fouiller dans leurs sacs à dos afin d'y prendre l'incontournable lampe. Tans pis…

Le pont de Riqueval
Pont de Riqueval
Poursuivant notre périple nous parcourûmes quelques kilomètres vers le hameau de Riqueval. L'imposant fossé du canal de Saint-quentin servit dans ce secteur "d'armature" à l'édification de la Ligne Hindenburg. Cette ligne fortifiée composée de centaines d'ensembles d'ouvrages fortifiés et réputée infranchissable, portant le nom du commandant en chef des forces allemandes qui décida du "repli Alberich" le 17 mars 1917 sur cette position longuement préparée à l'avance.

Tout au long de nos haltes nous pûmes voir l'impressionnante tranchée artificielle créée par ce canal et prendre conscience de la difficulté causée par cet obstacle, objectif du 9ème corps britannique le 29 septembre 1918 lors de la bataille du Vermandois. Dans ce secteur d'attaque dévolu à la 46ème Division d'infanterie britannique, la rapidité de l'attaque d'une compagnie du 6ème North Staffordshire Bataillon débouchant sur le pont de Riqueval, permit la prise du dernier ouvrage de franchissement du canal encore intact, avant que les allemands puissent le faire sauter. Cela autorisa le passage de blindés qui contribuèrent à la poursuite victorieuse de cet assaut.

Riqueval : Hindenburg line, un livre de Bill Mitchinson

Riqueval
Hindenburg line
un ouvrage en anglais
de
Bill MITCHINSON
disponible chez
Pen & Sword Books

Ce pont est d'ailleurs assez connu de ceux qui s'intéressent à l'histoire de la Grande Guerre. On le voit régulièrement dans certains livres grâce à la très surprenante  photo représentant le Brigadier Général Campbell, commandant la 17ème Brigade de la 46ème D.I. s'adressant, depuis le tablier du pont, à des centaines de ses hommes qui recouvrent complètement la pente du canal.

Le cimetière américain de Bony - La bataille de Cambrai

Remontant vers Cambrai nous gagnâmes le cimetière américain de Bony où nous fûmes accueillis par sa conservatrice. Sous sa direction nous parcourûmes ce cimetière officiellement dénommé "cimetière Américain de la Somme" car la majorité des corps y reposant provient de Cantigny dans la Somme. En 1918, ce village fut conquis par la 1ère Division d'Infanterie Américaine (la fameuse Big Red One chère à Samuel Fuller). Sur trois des stèles en marbre de Carrare se trouvent les lettres d'or des décorés de la Médaille d'Honneur du Congrès des Etats-Unis. La nuit nous ayant rejoint sur le site de Bony, nous regagnâmes Cambrai où le dîner fut suivi de l'Assemblée Générale de l'association.

Cimetière militaire américain de Bony
Cimetière américain de Bony

La première partie du dimanche matin nous vit, après le petit déjeuner, sagement assis dans une salle de conférence où nous assistâmes à une passionnante conférence sur la bataille de Cambrai. Carte à l'appui, stick à la main, Philippe Gorczynski nous replongea dans l'histoire de ce vain assaut sur Cambrai et plus particulièrement dans le rôle joué par les chars anglais. Pour la première fois des blindés furent utilisé massivement afin d'essayer d'obtenir la rupture du front sans préparation d'artillerie préalable. Le temps nous étant compté, nous quittâmes, à regret, cette docte conférence afin de nous diriger vers le terrain en compagnie de Monsieur Lesniak, président de l'association du Tank de Flesquières. Nous entamâmes le circuit en quittant Cambrai par le sud. Nous progressâmes vers Masnières et son pont sur le canal de Saint Quentin. Un peu avant ce village, un court arrêt nous permis de contempler le monument à la mémoire du Régiment de Terre Neuve de la 29ème Division d'Infanterie. Il s'agit d'un caribou, insigne du Régiment de Terre Neuve, très semblable à celui qui se dresse dans le parc mémorial de Terre-Neuve à Hamel dans la Somme. Son emplacement marque le point extrême de leur avance dans l'offensive de novembre 1917 sur Cambrai.

Monument de Masnières en hommage aux Terre-Neuviens
Monument commémoratif de Masnières

Nous franchîmes le canal sur un pont moderne, le pont existant pendant la Grande Guerre, seul point de passage vers Cambrai dans ce secteur lors de l'offensive du 20 novembre fut partiellement détruit par les allemands avant que les anglais puissent s'en saisir. Immobilisés sur la rive gauche du canal, les Anglais décidèrent de débloquer la situation et poursuivre l'offensive en essayant de franchir cet obstacle. Le char F22 "Flying Fox 2" et son équipage furent désignés. Ils s'engagèrent sur le pont mais ce dernier plus endommagé que prévu, s'écroula sous le poids du blindé, l'entraînant dans le canal. Cette destruction bloqua la progression des autres chars mais également des unités de cavalerie chargées de l'exploitation de la percée avec, dans un premier temps, la mission d'encercler Cambrai.
C'est impressionnant ce que les ponts peuvent endurer pendant les guerres. Il faudrait, un jour dédier un monument au pont inconnu détruit inutilement sur ordre d'un quelconque état-major pour empêcher la progression d'un sempiternel ennemi qui n'avait nullement l'intention de l'emprunter sachant parfaitement que, dés qu'une guerre est déclarée, les ponts sont destinés à être détruit et non à être traversés… A croire que les guerres sont décidées et conçues par des ingénieurs du corps des Ponts et chaussées en mal de notoriété… Maintenant Je n'ai plus à espérer qu'aucun membre de l'association 1914-1918 n'est ingénieur des Ponts et Chaussées…

L'abbaye de Vaucelles - "The Trench" (La tranchée de Ribecourt)

Poursuivant notre route vers LE RENDEZ-VOUS de la journée nous eûmes droit à un arrêt à l'abbaye cistercienne de Vaucelles. Cela nous permis d'admirer les vestiges de cet établissement religieux fondé en 1131 et élevé par saint Bernard. Les bâtiments ayant survécus à la Révolution servirent de cantonnement aux troupes allemandes pendant plusieurs années. Malheureusement un incendie détruisit les toitures des édifices. Modeste contribution de l'association à la culture de ses membres dans le domaine de l'architecture religieuse régulière.

Vue intérieure de l'abbaye de Vaucelles
L'abbaye de Vaucelles

A l'approche de Flesquières, l'impatience se fit de plus en plus manifeste mais, avant de toucher au but de cette matinée, nous fîmes un détour de plus de quatre-vingts ans dans un champ de Ribecourt la Tour. Sur ce terrain, racheté à son propriétaire par l'association du Tank de Flesquières, nous plongeâmes dans un ailleurs. Etrange lieu que ces tranchées reconstituées, selon les règlements militaires anglais en vigueur en 1914-1918 par des soldats anglais, tout particulièrement venus dans ce but, pour les besoins d'une émission de télévision de la B.B.C. "The Trench ". Le principe de cette émission voulait que des "volontaires" y vécussent (en direct ?) la vie des combattants de la Grande Guerre. Drôle de sensation de se trouver là. Ce fut un des points culminants de cette visite, si j'ose dire, que de fouler les caillebotis au fond d'une tranchée à regarder l'horizon d'où rien de viendra.
Et c'est peut-être là que le bât blesse. Quel que soit le degré de reconstitution, aussi louable que puisse être l'intention didactique de montrer les conditions d'existence des combattants de la Grande Guerre, je crois que rien, absolument rien, et je pèse mes mots, ne peut ou ne pourra reproduire la réalité de leur vie, de leurs pensées, de leurs angoisses, de leurs peurs, de leurs émotions, de leurs excitations et de tant d'autres de leurs sentiments et sensations. Surtout pas un ensemble de tranchées, aussi perfectionné que puisse être l'effort de reconstitution, tracé dans un champ et exposé à aucune menace tangible autre que le simple manque de confort qu'a connu le plus modeste des appelés lors de manœuvres. L'indicible ne se raconte pas, il se vit, s'exhale, se vomit ou se crache. C'est le privilège des survivants que de le garder en eux ou de le jeter à la face du monde.

La tranchée de Ribecourt
La Tranchée reconstituée par la BBC à Ribecourt

Quelle que fût l'expérience vécue, combien de survivants essayèrent de trouver les mots justes, les phrases exactes pour la relater. Certain souhaitèrent plus que tout de s'approcher de cette vérité, leur vérité. Mais nombreux furent ceux qui reconnurent qu'il ne le pouvait pas, malgré cette volonté venant du plus profond d'eux même, car il leur manquait précisément l'indispensable substance du moment vécu. Alors mettre de bons petits gars d'aujourd'hui, parés de nos mentalités actuelles et de notre matérialisme immodéré, dans un lieu de reconstitution quasi-archéologique, même dans des conditions matérielles que l'on peut considérer sûrement proches du réel, là, j'ai comme un gros doute. Mais comme le disais un certain T.E. LAWRENCE : "on peut discuter des idées, mais les convictions ne sont guéries qu'à coup de fusil", alors je suis prêt à en débattre. A condition que cela ne passe pas en direct sur une chaîne nationale à une heure de "prime time"…
Une autre réflexion m'est venue lors de cette visite. Je me suis demandé si la diffusion de cette émission s'est faite en noir et blanc. Si quelqu'un pouvait m'éclairer, cela m'aiderait à conduire à terme une intense réflexion née dans ces tranchées, au milieu de la boue et sous ce ciel gris. Je me suis souvenu d'un texte écrit sur le peintre Mathurin MEHEUT rappelant que, contrairement à ce que nous montrent les dizaines de milliers d'images réalisées lors de la Grande Guerre, nos aïeuls ont vécu une guerre en couleurs alors que nous, nous continuons pratiquement toujours de la voir en Noir et Blanc ! Une piste à suivre… Mathurin Meheut 1914-1918, un livre aux éditions Ouest-France  

Les oeuvres graphiques
de
Mathurin Meheut
1914-1918
Editions Ouest-France
30 €

Deborah, le tank de Flesquières

Arriva enfin le grand moment. La rencontre avec Déborah, vieille fille octogénaire, revenue parmi nous le 20 novembre 1998. Instant de grande émotion que de contempler ce char dont la réputation de l'invention dépasse le simple cadre historique. Il existe d'autres chars de ce type conservés mais, à ma connaissance, il s'agit du premier char de la Première Guerre Mondiale retrouvé in-situ depuis la fin de la guerre. Malgré d'importants dégâts, il est dans un état de conservation exceptionnel.

Consultez notre dossier
consacré au tank
de Flesquières

Levage du tank de Flesquières  Mais avant d'atteindre ce but, combien de déboires, combien de déceptions, combien d'incertitudes. Certains ont leur Graal, d'autre leurs marottes. Philippe Gorczynski lui, avait son char. Il l'attendait enfoui dans le sol d'un village du Cambrésis : Flesquières. Là où il fut mortellement touché par un obus allemand. Resté en place, il disparut aux yeux des combattants. Transformé en abri, cet engin de mort devint un lieu de vie, de survie.

La fin du conflit le fera oublier de tous. Petit à petit, à l'instar du souvenir, on aurait pu supposer qu'il sombrerait aux tréfonds de l'oubli des hommes. Mais, semblable à certains des événements les plus insolites laissant des empreintes indélébiles, il subsista une trace de ce blindé dans la mémoire collective du terroir où il avait chu : Le Trou du Char. Et telle la vérité sortant du puits, ce char sortit de son trou, au plus grand bonheur de son inventeur mais surtout de tous les passionnés de la grande Guerre.
Identifié dans un premier temps comme le char D 41 "Devil II" char Mark IV femelle commandé par le Second Lieutenant R.A. Jones et détruit à Flesquières le 20 novembre 1917, de nouvelles recherches permirent d'établir qu'il s'agissait en fait du char D51 "Deborah" également de type Mark IV femelle et détruit le même jour. Ce tank était commandé par de Second Lieutenant F.G. Heap qui perdit la vie ce jour, en même temps que quatre des membres de l'équipage. Outre Déborah, se trouvent également dans la grange qui l'accueille un canon allemand de 77 et un camion américain, dont à ma grande honte j'ai oublié la marque, trônant parmi maints vestiges et morceaux de tanks retrouvés dans les champs du secteur. Excellente base pour un futur musée consacré au Cambrésis pendant la Grande Guerre… J'y verrais bien à sa tête un certain... Philippe Gorczynski… Pure suggestion…

Hommage aux Australiens

Après le déjeuner, le musée de Monsieur Jean LETAILLE, à Bullecourt, fut la dernière étape de notre périple. Ultime destination de milliers d'Australiens, les fameux "Diggers", tombés lors des combats du printemps 1917, Bullecourt fut classé zone rouge après la guerre. Haut lieu de la mémoire des combattants australiens, une statue représentant l'un d'entre eux fut inaugurée en 1993 par l'ambassadeur d'Australie et Monsieur Jean LETAILLE, à l'époque maire de Bullecourt. Personnalité peu commune, Jean LETAILLE nous accueillit au milieu de milliers de vestiges du champ de bataille recueillis au cours des années, soit par lui-même, soit par des cultivateurs.

Monument de Bullecourt en hommage aux combattants australiens
Monument
de Bullecourt

Ses efforts dans la conservation de la mémoire des combattants australiens en France lui valurent la reconnaissance des autorités australiennes qui l'invitèrent à plusieurs reprises. Le devoir de mémoire d'une nation au travers de l'incontestable respect du à ses combattants, quelle que fut leur guerre, n'est vraiment pas pareil partout… Ces visites nous replongèrent dans une histoire si proche et qui néanmoins s'éloigne à grande vitesse. Les derniers témoins se dérobent. Ils s'en vont rejoindre ceux qui ne sont jamais revenus.
Le cimetière de Bullecourt pendant la Grande Guerre Le cimetière de Bullecourt
pendant la guerre (1917)

L'organisation d'un tel week-end avec ses aléas et ses éternels insatisfaits, n'est pas simple. Il est certain qu'une organisation plus "professionnelle" apporterait un plus grand confort matériel à chacun. Mais le côté "aseptisé" irait peut-être à l'encontre de l'état d'esprit d'un grand nombre d'entre nous. N'étant attachés à aucun site particulier de la Grande Guerre, mais étant intéressés par tous, nous ne pouvons compter que sur le dévouement des membres de l'association nous servant de "guides", voire bien souvent sur celui de bénévoles extérieurs à l'association, passionnés par l'histoire de leur région, très souvent membres de ces associations locales qui permettent que vivent ces "lieux de mémoire" et auxquels, à leur enthousiasme et leur amabilité, nous n'avons à offrir que des remerciements.


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août 2013